Gertrude Lythgoe

Manigancer et spéculer, n’avoir peur de rien ni personne et vivre d’un commerce illégal… Serait-ce uniquement une affaire d’hommes ? Bien sûr que NON. 
Aujourd’hui, nous mettons à l’honneur l’histoire de Gertrude « Cleo » Lythgoe, la Reine des Bootleggers.
Une définition s’impose ; bootlegger se traduit littéralement par « l’homme – ou la femme en l’occurrence – qui cache une bouteille dans sa botte ». Ce terme est utilisé pour décrire les contrebandiers de la prohibition aux Etats-Unis de 1920 à 1933. 
Ce n’est effectivement pas qu’une affaire d’hommes. Les femmes, considérées comme moins enclines à la débauche et plutôt opposées à l’alcool, sont donc moins contrôlées… Et donc de parfaites complices. 

Revenons à Gertrude. 
Fille d’une famille de l’Ohio, d’une mère écossaise et d’un père anglais, elle étudie le commerce et débute une carrière de sténographe à San Francisco, puis à New York auprès d’un importateur britannique de Scotch. Avec l’arrivée de la prohibition, elle sent le vent tourner. 

Elle convainc son employeur de s’établir à Nassau, Bahamas, pour y importer de l’alcool. Elle s’y installe et ouvre un magasin d’exportation de liqueurs en gros. Certes un commerce douteux, mais un bon moyen de s’enrichir. A cette époque, Les Bahamas sont la localisation idéale, à mi-chemin entre les Etats-Unis – grands consommateurs de rhum – et les Caraïbes, producteurs. Les risques sont cependant multiples ; mais Gertrude sait faire face aux obstacles.

Dotée d’une beauté mystérieuse, les avances et remarques sexistes sont toujours omniprésentes ; mais les hommes ne veulent pas travailler avec elle à cause de son genre, et font circuler des rumeurs sur son compte. L’entrée dans certains lieux, interdit aux femmes, lui est refusée. Un jour en rentrant chez elle, elle trouve même un homme au pied de son lit voulant un « baiser », qu’elle arrive à faire partir en le menaçant de prendre son pistolet.
Rien ne l’arrête pour autant. Si sa beauté lui vaut le surnom de Cleo en référence à Cléopâtre, sa personnalité et son succès lui attirent la presse du monde entier… Et des déclarations en tous genres d’hommes venus des quatre coins de la planète.

« Je me suis tenue debout et je n’ai honte de rien. Je n’ai pas besoin d’un homme pour me dire quoi faire…je ne me marierai  pas »
Gertrude « Cleo » Lythgoe

La Reine des Bahamas.
Proche de Bill McCoy, un des plus importants bootleggers de l’époque, elle s’associe avec lui dans le commerce illégal d’alcool. Elle fait passer illégalement aux Etats-Unis des bouteilles de Scotch, Bourbon et Rye obtenues légalement. 
Son rôle d’intermédiaire devrait la protéger et lui éviter de mettre les mains dans le cambouis ; pourtant en 1924 elle est arrêtée et accusée d’avoir importé illégalement 1000 caisses de whisky et rhum aux Etats-Unis. Elle est dénoncée par deux de ses anciens employés ayant été arrêtés. Elle ne se départit pas de son sang-froid : elle proclame que ces caisses lui avaient été volées, et se positionne comme témoin lors du procès. Elle sort donc libre et retourne à Nassau.

Cependant, cette étape marque pour elle le début d’une superstition. Elle considère cette déconvenue comme une malédiction, et choisit de prendre sa retraite de Queen of Bootleggers.

Alors à la tête d’une fortune de plusieurs millions d’après le Wall Street Journal, elle devient très discrète, rédige ses mémoires « The Bahama Queen » et s’éteint en 1974. Par la suite, de nombreuses femmes sont nommées Queen of Bootleggers mais aucune n’a l’envergure internationale de Gertrude.

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