Margie Samuels

L’entrepreneuse visionnaire.

Chaque année, de nombreuses marques de spiritueux sont lancées. Minutieusement préparé, chaque lancement n’échappe généralement pas à un plan marketing mûrement réfléchi… En 2021, cela nous paraît tout à fait normal. Oui mais en 1950 ?
Comment lancer un nouveau bourbon en plein cœur du Kentucky alors que l’ombre de la prohibition plane toujours ?

Margie Samuels a su trouver la réponse, voici son histoire…

L’esprit visionnaire & créatif.

Margaret “Margie” Mattingly Samuels naît en 1916 dans le Kentucky, au sein d’une famille baignant dans l’industrie du bourbon ; en effet, la famille de son père avait co-fondé Mattingly & Moore Distillery.
Elle suit et obtient une licence de Chimie à l’université de Louisville en 1933. C’est d’ailleurs à l’université qu’elle y rencontre Bill Samuels Sr., sixième génération d’une famille qui possède la distillerie T.W.Samuels. Elle l’épouse en 1937.
Dans les années 50, au retour de son service militaire, Bill rêve de créer une nouvelle marque de bourbon suite à la vente de la distillerie familiale. Margie l’y encourage, mais à deux conditions : la première, qu’il fasse quelque chose de différent de ce que produisait son père ; la seconde, qu’elle crée la bouteille !
A l’époque, rien ne ressemblait plus à une bouteille de whiskey qu’une autre bouteille de whiskey. Margie, en tant que directrice du développement de l’embouteillage, veut une bouteille qui traduise l’esprit artisanal et artistique de son bourbon, à l’image du cognac français.
Elle choisit d’abord le format original d’une bouteille carrée inspirée de sa collection des bouteilles de cognac du 19ème siècle.
Lui vient alors une idée originale, à l’instar de ces bouteilles : elle cherche à sceller ses bouteilles en couvrant leur bouchon de cire. Ce n’est pas une mince affaire ! Armée de ses connaissances en chimie et d’un laboratoire fait maison – incluant sa propre friteuse – Margie ne veut pas seulement reproduire l’image artisanale du produit ; elle veut surtout attirer l’œil sur l’étagère et établir une véritable marque de fabrique. De fait, contrairement aux bouchons de cire des cognacs proprement disposées, elle recherche l’effet “bougie qui coule” sur ses bouteilles. Cet effet demande alors de nombreux tests et essais avant qu’elle réussisse à trouver la texture et finition exactes.
Une fois l’effet escompté atteint, elle crée l’étiquette – réalisée à la main – à apposer sur la bouteille.
Sur l’étiquette, le nom et le sceau de la marque apparaissent pour la première fois.Maker’s Mark, là aussi sa création, fait référence à la “marque du fabriquant” qu’apposaient les chaudronniers sur leurs meilleures pièces. Elle ajoute ensuite SIV, “S” pour Samuels, IV pour 4ème génération de distillateurs… En réalité leur fils découvre plus tard que son père était la 6ème génération ! Enfin, l’étoile représente leur ferme de Bardstown où ils résident.
Grâce à elle les bouteilles de Maker’s Mark créent toujours la surprise en linéaire et même si leur goût est unique, aucune bouteille n’est identique.

Créatrice d’expériences.

Lorsqu’ils acquièrent la Burks Spring Distillerie, les bâtiments, vieillissants et sans grand intérêt auraient dû être rasés pour laisser place à une distillerie flambant neuve. Mais ce n’était pas le point de vue de Margie.
Dans les années 50, une campagne de préservation des sites historiques a lieu aux Etats-Unis : maisons d’anciens présidents, lieux de batailles de la Guerre Civile, etc. L’ancienne distillerie possède un style Victorien, Margie y voit un intérêt pour les futurs touristes en recherche de lieux historiques. Lors de la rénovation, les matériaux d’époque sont donc utilisés pour redonner aux vieux bâtiments leurs formes d’origine.
Une excellente idée, puisque qu’après avoir déposé leur candidature, la Burks Spring Distillerie devint la première distillerie du comté à être nommée monument historique en 1980.
Margie est, pour certains, l’inventrice du tourisme autour du bourbon.

Une figure historique.

Nommée en 2014 au Kentucky Bourbon Hall of Fame, elle est la première femme ayant travaillé dans une distillerie à y figurer et seulement la 5ème du classement.
Elle fut parmi les premières à voir l’intérêt du marketing dans cette industrie et prouva qu’avec créativité, détermination et vision tout est possible.

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